Vue d’ensemble
La semaine du 7 au 11 septembre aura une nouvelle fois montré à quel point les marchés restent sensibles aux données économiques, aux taux d’intérêt et aux anticipations de politique monétaire.
En début de semaine, la prudence dominait. La remontée des rendements obligataires, la hausse du pétrole et les inquiétudes autour de l’inflation limitaient l’appétit pour le risque.
Vendredi, le recul marqué du pétrole a permis aux marchés de souffler. La publication de l’inflation américaine n’a pas non plus provoqué de mauvaise surprise majeure.
Wall Street a ainsi fortement rebondi en fin de semaine : le S&P 500 a progressé de 0,86 %, le Nasdaq de 0,96 % et le Dow Jones de 0,98 %.
Mais sur l’ensemble de la semaine, le bilan reste négatif : environ -0,8 % pour le S&P 500, -0,7 % pour le Nasdaq et -1,6 % pour le Dow Jones.
Le rebond de vendredi est donc encourageant, mais il ne suffit pas encore à modifier complètement l’équilibre du marché.
La Fed reste au centre du jeu.

L’inflation remet la Fed au centre du jeu
Les chiffres américains publiés cette semaine ont confirmé une situation particulièrement délicate pour la banque centrale.
L’inflation américaine a progressé de 0,4 % sur un mois en août et de 3,4 % sur un an.
L’inflation sous-jacente a augmenté de 0,3 % sur un mois, légèrement au-dessus des 0,2 % anticipés, tandis que sa progression annuelle s’est établie à 2,4 %, contre 2,5 % en juillet.
Le message est donc partagé.
La tendance annuelle continue de s’améliorer, mais la progression mensuelle montre que les pressions sur les prix ne sont pas totalement résorbées.
C’est précisément ce qui complique la tâche de la Fed.
La réunion des 15 et 16 septembre sera donc particulièrement importante. Les investisseurs ne chercheront pas seulement à connaître la décision sur les taux. Ils voudront surtout comprendre la trajectoire qui se dessine pour les prochains mois.
Le communiqué et les déclarations de la Fed seront déterminants pour savoir si la situation actuelle constitue simplement un ajustement du marché ou le début d’une nouvelle phase de tension monétaire.

Wall Street rebondit, mais la semaine reste dans le rouge
Vendredi, les principaux indices américains ont nettement repris de la hauteur.
Le S&P 500 a terminé à 7 656,98 points, en hausse de 0,86 %.
Le Nasdaq Composite a clôturé à 26 333,04 points, en progression de 0,96 %.
Le Dow Jones a terminé à 52 573,29 points, soit une hausse de 0,98 %.
Ce mouvement a permis de terminer la semaine sur une note plus positive, mais les pertes accumulées auparavant restent visibles.
Les acheteurs sont alors revenus progressivement sur les marchés, mais avec une certaine prudence.
Le marché reste en attente de davantage de visibilité sur la politique monétaire américaine. Tant que les taux et les rendements obligataires resteront élevés, les investisseurs auront davantage tendance à sélectionner les actifs et les secteurs capables de justifier leurs valorisations.

La technologie reste solide, mais les taux restent son principal risque
Le Nasdaq a signé la meilleure progression des grands indices américains vendredi, avec +0,96 %.
L'intérêt pour la technologie et l'intelligence artificielle reste intact. Les perspectives de croissance du secteur continuent d'attirer les capitaux.
Mais le problème n'a pas disparu.
Les entreprises de croissance sont particulièrement sensibles aux taux d'intérêt, car une grande partie de leur valorisation repose sur des bénéfices attendus dans plusieurs années.
Lorsque les rendements obligataires montent, la valeur actuelle de ces bénéfices futurs diminue.
Le potentiel de long terme de l'intelligence artificielle reste donc considérable, mais les investisseurs deviennent progressivement plus exigeants sur les prix qu'ils sont prêts à payer.

Bitcoin : retour sous les 80 000 dollars
Le Bitcoin avait commencé la semaine au-dessus des 80 000 dollars avant de revenir vers la zone des 77 000 dollars.
En fin de semaine, il évoluait autour de 77 300 dollars.
Comme les autres actifs risqués, le Bitcoin reste sensible aux conditions financières mondiales, à la liquidité, au dollar et aux rendements obligataires.
Mais il possède également ses propres moteurs, notamment les flux institutionnels et l'adoption progressive du marché.
La zone des 76 000–77 000 dollars devient donc importante.
Une cassure durable sous cette zone pourrait fragiliser davantage la structure actuelle. À l'inverse, un retour au-dessus des 80 000 dollars permettrait de remettre cette résistance au centre de l'attention.
Pour l'instant, le Bitcoin reste dans une phase où le marché cherche son prochain catalyseur.

L’or corrige sous la pression des taux
L'or a également terminé la semaine sous pression.
Les futures sur l'or évoluaient autour de 4 390 dollars l'once vendredi, en baisse d'environ 0,40 % sur la séance.
La hausse des rendements réels constitue un frein pour le métal précieux, car elle augmente le coût d'opportunité de la détention d'un actif qui ne génère pas de rendement.
Mais les fondamentaux de long terme restent favorables à l'or.
Les incertitudes géopolitiques, les risques budgétaires et les interrogations persistantes autour de l'inflation continuent de soutenir la demande.
La question est désormais de savoir si cette correction permettra simplement au marché de construire un nouveau support ou si une phase de consolidation plus importante est nécessaire.

Les chiffres de la semaine
S&P 500 : 7 656,98 — -0,8 % sur la semaine
Nasdaq Composite : 26 333,04 — -0,7 % sur la semaine
Dow Jones : 52 573,29 — -1,6 % sur la semaine
Bitcoin : environ 77 300 $ en fin de semaine
Gold Futures : environ 4 390 $/oz — -0,40 % vendredi
Inflation américaine : +3,4 % sur un an
Inflation sous-jacente : +2,4 % sur un an

Ce qu’il faut retenir
Le marché n'est pas nécessairement devenu baissier.
Mais le régime a changé.
Lorsque les taux restent élevés et que l'inflation demeure supérieure à l'objectif de la banque centrale, il devient plus difficile pour toutes les grandes classes d'actifs de progresser simultanément.
Le rebond de vendredi est donc rassurant, mais il doit encore être confirmé.
Les investisseurs attendent désormais un signal plus clair de la Fed.

Ce que je surveille
🔘 La priorité sera la réunion de la Fed des 15 et 16 septembre.
🔘 Il faudra surveiller la décision sur les taux, mais surtout le ton du communiqué et les déclarations de Jerome Powell.
🔘 Les rendements américains resteront également essentiels, tout comme l'évolution du pétrole.
🔘 Sur les marchés actions, le comportement du S&P 500 autour des 7 700 points sera particulièrement intéressant, tandis que le Nasdaq devra confirmer son rebond.
🔘 Côté crypto, la zone des 76 000–77 000 dollars sur le Bitcoin constitue un niveau important, avec les 80 000 dollars comme première zone de reconquête.
🔘 Enfin, sur l'or, l'évolution des taux réels permettra de déterminer si la correction actuelle peut trouver un support ou si elle doit encore se prolonger.

La leçon de la semaine
Le rebond de vendredi est une bonne nouvelle, mais il ne change pas encore le principal problème du marché.
L'inflation ralentit progressivement, l'économie américaine reste résistante, mais les taux demeurent élevés et continuent de peser sur les valorisations.
C'est tout le paradoxe de la situation actuelle.
Une économie trop forte réduit le risque de récession, mais donne aussi moins de raisons à la Fed d'assouplir rapidement sa politique.
À l'inverse, une économie qui ralentirait davantage pourrait justifier des baisses de taux, mais raviverait immédiatement les craintes autour de la croissance.
Chaque nouvelle donnée économique peut donc faire basculer les anticipations.
Le marché a rebondi vendredi.
Il attend maintenant la Fed.
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