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AnalysisOctober 1, 2026· 10 min· 1 like· 0 comments

Capital B : j'achète une bitcoin treasury company dans mon PEA

Damien | L'Investisseur Augmenté
Verified member · view benefits@investaugmente
Capital B : j'achète une bitcoin treasury company dans mon PEA

Ces derniers mois, j'ai surtout vendu : de l'immobilier locatif, mon argent métal, une partie de mes actions individuelles, et toutes mes actions liées au bitcoin, Strategy en tête. J'ai gardé l'énergie et mes ETF, et le cash dégagé attend en monétaire.

Et pourtant, depuis quelques semaines, j'achète Capital B ($ALCPB), la bitcoin treasury company française. Elle détient 3525 bitcoins, elle est cotée à Paris, et elle est éligible au PEA et au PEA-PME. C'est un pari, avec un potentiel que j'estime à x10 si le bitcoin refait des plus hauts, et un risque réel de perdre beaucoup.

Pourquoi Capital B, et pourquoi dans un PEA

Capital B prend la place de Strategy dans mon portefeuille, au moins pour l'instant. Je voulais rester exposé au marché crypto, avec un effet de levier, sans y remettre beaucoup de liquidités.

L'enveloppe s'est imposée d'elle-même. Le PEA est la plus avantageuse fiscalement pour détenir des actions en direct, et une société cotée aux États-Unis comme Strategy n'y entrera jamais. Mon PEA est surtout investi en ETF et il y restait peu de liquidités : une petite ligne à fort potentiel y trouve sa place sans apport important. Capital B en représente environ 10 %, et le PEA est une petite enveloppe à l'échelle de mon patrimoine. Pour ceux dont le PEA est déjà plein, Capital B est aussi éligible au PEA-PME, qui a son propre plafond.

Il y a moins d'un mois, je vendais CBI et NAGA, deux petites valeurs crypto européennes dont je ne voyais plus le décollage. Avec elles, je pariais sur des entreprises qui devaient encore construire leur activité. Avec Capital B, j'achète du bitcoin logé dans une société cotée. Ce n'est pas le même pari.

Une société dont le métier est d'accumuler du bitcoin

Capital B est l'ancienne The Blockchain Group, une société de conseil en technologie cotée sur Euronext Growth Paris. En novembre 2024, elle devient la première société française à reprendre le modèle de Strategy, l'ancienne MicroStrategy de Michael Saylor : lever de l'argent sur les marchés et acheter du bitcoin avec. Ses filiales de conseil, iOrga et Trimane, restent en place et ont réalisé 11,2 M€ de chiffre d'affaires en 2025. On compte aujourd'hui environ 200 sociétés de ce type dans le monde.

L'actionnariat est celui d'une société bitcoin : Blockstream Capital Partners détient 18,77 % du capital, Adam Back 17,64 % à titre personnel, et TOBAM 3,16 %. Adam Back dirige Blockstream et il est la seule personne citée dans le livre blanc du bitcoin. TOBAM est un gérant d'actifs parisien qui a lancé l'un des premiers fonds bitcoin dès 2017.

Le mécanisme : augmenter le nombre de bitcoins par action

Une bitcoin treasury company n'est pas un ETF sur le bitcoin. L'ETF suit le cours du $BTC, frais déduits. La treasury company poursuit un autre objectif : faire grossir le nombre de bitcoins que représente chaque action.

Prenons une société valorisée un peu au-dessus de la valeur de ses bitcoins. Elle émet 100 € d'actions nouvelles et, grâce à cette prime, achète l'équivalent de 110 € de bitcoin. Chaque action représente alors environ 10 % de bitcoin en plus. Ces sociétés appellent ce résultat le BTC Yield. Celui de Capital B atteint 2,19 % depuis le début de l'année.

Les outils sont ceux des marchés de capitaux : augmentations de capital, ventes d'actions au fil de l'eau, obligations convertibles, bons de souscription. En moins de deux ans, Capital B a levé 330 M€ en une trentaine d'opérations.

Le modèle a une condition : que le marché paie l'action plus cher que les bitcoins qu'elle contient. Sans cette prime, lever de l'argent ne fait plus grossir le nombre de bitcoins par action.

Le mNAV, l'indicateur à suivre

Le mNAV est le rapport entre la valeur de la société en bourse et la valeur des bitcoins qu'elle détient. À 2, le marché paie 2 € pour 1 € de bitcoin, c'est une prime. À 0,8, il n'en paie que 80 centimes, c'est une décote.

D'après le site Bitcoin Treasuries, le mNAV de Capital B est aujourd'hui de 0,81, et d'environ 1 si l'on tient compte des obligations convertibles. En achetant l'action, on paie donc ses bitcoins à peu près à leur prix, voire un peu moins.

De plus de 50 € à 5 € : la prime a disparu

En juin 2025, en pleine euphorie autour des treasury companies, TOBAM souscrivait à 5,085 € par action en moyenne. Après le regroupement de septembre, cela correspond à plus de 50 € par action. Le marché valorisait alors les bitcoins de la société dix à douze fois leur valeur.

Le bitcoin a ensuite déçu. Il est passé d'un plus haut proche de 126.000 $ en octobre 2025 à moins de 60.000 $ au début de l'été 2026. Le marché attendait des achats de bitcoin par l'État américain, qui ne sont pas venus. La prime a disparu, et l'action a été divisée par dix, jusqu'à 0,50 € environ avant regroupement.

Le regroupement du 8 septembre

Le 8 septembre 2026, Capital B a regroupé ses actions : 10 actions anciennes sont devenues 1 action nouvelle. Le cours a été multiplié par 10 et le nombre d'actions divisé par 10, sans rien changer pour l'actionnaire. L'objectif est de sortir de la zone des actions à quelques centimes et d'attirer des investisseurs institutionnels. Attention aux historiques non ajustés : certains sites affichent +873 % sur un mois, ce qui n'est que l'effet du regroupement.

Ce qui m'a convaincu : un passage dans La Martingale

C'est l'interview d'Alexandre Laizet, directeur général délégué chargé de la stratégie bitcoin, dans le podcast La Martingale, qui m'a décidé. Je ne cherchais pas à être convaincu du potentiel du bitcoin, j'ai mon avis là-dessus. Je voulais juger le sérieux de la société. Plusieurs points m'ont marqué.

La franchise sur la chute. Il reconnaît qu'au plus haut, le marché payait les bitcoins de la société dix à douze fois leur valeur, et il attribue la division par dix à la disparition de cette prime. Il rappelle aussi qu'un potentiel plus élevé va de pair avec un risque plus élevé.

L'engagement des actionnaires historiques. Adam Back a remis de l'argent une dizaine de fois, pour environ 50 M€ au total. Le 2 septembre, il a encore souscrit 7,6 M€ à 0,58 € par action, soit 5,80 € après regroupement. J'achète à peu près au même prix, avec une différence : il a reçu en plus quatre bons de souscription par action.

La conservation. Les bitcoins sont confiés à un dépositaire suisse régulé, qui utilise la technologie de Taurus. Avant Capital B, Alexandre Laizet dirigeait chez Accenture l'équipe qui aidait les banques à choisir ce type de solution.

Le refus de prêter les bitcoins. Beaucoup d'acteurs les prêtent pour en tirer un rendement. Capital B s'y refuse pour ne pas ajouter de risque de contrepartie. J'ai eu des avoirs gelés lors de la faillite de FTX, cet argument me parle.

La régularité. Selon lui, chacune de la trentaine de levées a augmenté le nombre de bitcoins par action. Les communiqués publiés sur le site de la société permettent de le vérifier.

The Bitcoin Society : le projet qui n'a pas tenu six mois

Capital B aurait pu avoir un concurrent français. En novembre 2025, Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger, présentait The Bitcoin Society avec Tony Parker et Nathan Benchimol. Le véhicule était une société cotée sur Euronext sans activité, Tayninh, ancienne filiale d'Unibail-Rodamco-Westfield. Une première levée était prévue au premier trimestre 2026.

En mai 2026, l'activité de trésorerie bitcoin était abandonnée. La raison avancée : les investisseurs ne suivaient pas, alors que le modèle repose sur des levées régulières et importantes. Le bitcoin avait perdu près de 25 % au premier trimestre. Dans le même marché, Capital B a continué de lever. C'est la meilleure illustration de ce qui fait tenir ce modèle.

Les bons de souscription : le nombre d'actions peut doubler

C'est le point technique que je voulais comprendre avant d'acheter. Un bon de souscription, ou BSA, donne le droit d'acheter plus tard une action nouvelle, à un prix fixé à l'avance et avant une date limite. Si le cours dépasse ce prix, le porteur a intérêt à l'exercer. Sinon, le bon expire sans valeur. Capital B en distribue lors de ses levées pour les rendre plus attractives.

Il en circule aujourd'hui l'équivalent d'environ 32,7 millions d'actions nouvelles, exerçables entre 7,50 € et 14,60 € après regroupement, jusqu'en 2031. Il faut y ajouter six lignes d'obligations convertibles, pour environ 8,9 millions d'actions d'ici 2030. En face, il existe environ 38 millions d'actions. Si tout était exercé et converti, le nombre d'actions ferait plus que doubler.

Cette dilution a une particularité : elle n'arrive que si l'action monte, puisque personne n'exerce un bon à 7,50 € quand le cours est à 5 €. Et chaque bon exercé apporte de l'argent frais. Si tout était exercé, la société encaisserait 320 M€, soit environ 4800 bitcoins au prix payé début septembre (67.182 € le bitcoin), davantage que tout son stock actuel.

Pour mon objectif à 50 €, la conséquence est claire : tous les bons seraient exercés, je serais dilué, mais la société détiendrait bien plus de bitcoins. C'est le prix du modèle.

Les risques

Capital B n'a rien d'un placement de père de famille. Voici ce qui peut mal tourner.

La prime peut redevenir une décote

La société vaut aujourd'hui à peu près ses bitcoins. Rien n'empêche sa valorisation de passer durablement en dessous. Dans ce cas, chaque levée détruit de la valeur pour les actionnaires existants, et le mécanisme s'arrête.

Une volatilité supérieure à celle du bitcoin

Quand le bitcoin baisse, l'action baisse davantage, parce que la prime recule en même temps. Le bitcoin a perdu environ la moitié de sa valeur, l'action a été divisée par dix.

Des bitcoins achetés plus cher que le cours actuel

Le coût moyen d'achat est de 87.878 € par bitcoin, au-dessus du cours actuel. Le stock est en moins-value latente. La société a publié pour 2025 une perte nette de 62,2 M€, liée pour l'essentiel à la baisse du bitcoin, et une perte d'exploitation de 6,2 M€.

Des volumes faibles

Capital B reste une petite capitalisation. Les échanges sont limités, et vendre vite une ligne importante peut peser sur le cours. C'est une position qu'on prend pour la garder.

Un actionnariat concentré

Adam Back et Blockstream détiennent ensemble environ 36 % du capital. C'est un appui tant qu'ils soutiennent la société, et un risque s'ils changent d'avis.

Le bitcoin sous les 85.000 $

Après son plus haut autour de 126.000 $, le bitcoin a perdu plus de la moitié de sa valeur et il est repassé sous les 60.000 $ au début de l'été 2026. Depuis début juillet, il a repris plus de 40 %. Il bute depuis plusieurs jours sur la zone des 85.000 $, et ses variations se resserrent.

Un marché qui se comprime ainsi finit par sortir de sa fourchette, sans indiquer à l'avance dans quel sens. Si les 85.000 $ cèdent, la hausse peut être rapide. En cas de rejet, un retour vers 50.000 $, voire 30.000 $, reste possible. C'est pour ce second scénario que je garde des liquidités.

Mon pari et mon plan

Mon premier objectif est un retour vers 50 € si le bitcoin refait des plus hauts, soit x10, face à un risque de perte totale. C'est un pari asymétrique. Il suppose deux conditions : que le bitcoin reparte franchement, et que le marché accepte de nouveau de payer une forte prime, comme en 2025. La première sans la seconde ne suffit pas.

J'ai commencé à acheter entre 5 et 6 €, après le regroupement. Je ne fais pas de trading sur cette ligne et je ne cherche pas le point d'entrée parfait : je voulais être positionné. Les marchés me paraissent chers et je suis plus prudent en ce moment, d'où une ligne de taille raisonnable. Si le bitcoin recule, je renforcerai sous les 5 €.

En cas de forte baisse du bitcoin, vers 50.000 $ ou 30.000 $, j'ai gardé des réserves. Elles iront d'abord sur des ETP bitcoin, et éventuellement sur un renfort de Capital B. C'est l'intérêt d'une poche de cash : pouvoir acheter quand les autres vendent.

Pour aller plus loin

L'article complet, avec la comparaison chiffrée avec Strategy, la courbe du bitcoin depuis 2024 et les questions fréquentes sur Capital B, est sur mon blog :

https://investisseur-augmente.com/capital-b-bitcoin-treasury-pea/?utm_source=analyse-trading

Si vous vous intéressez à l'analyse d'actions avec l'intelligence artificielle, j'ai confronté sept IA sur une même analyse. Le comparatif est gratuit, avec mes prompts exacts :

https://investisseur-augmente.com/7-ia-ring-duel-investisseur/?utm_source=analyse-trading

Je détiens une position sur Capital B. Cet article est un témoignage personnel publié à titre informatif, il ne constitue pas un conseil en investissement. Capital B est une valeur très volatile et spéculative : n'investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.

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