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Damien | L'Investisseur Augmenté@investaugmente
23 sept.
ETF ou actions : le vrai match, et pourquoi je fais les deux

ETF ou actions individuelles ? La réponse habituelle est la même partout : l'ETF pour le grand public, les actions pour quelques initiés. C'est un peu court. Je fais les deux, par méthode. Une précision d'entrée de jeu : je ne parle pas ici de trading. Le day trading et le swing trading sont un métier à part, un jeu de timing. Je parle de positions tenues dans la durée, avec des enveloppes fiscales et une répartition assumée.

Ce que vous achetez dans les deux cas

Un ETF réplique un indice comme le CAC 40, le S&P 500 ou le MSCI World. Une seule part vous expose à des dizaines, parfois des milliers d'entreprises, pour moins de 0,3 % de frais par an chez beaucoup d'émetteurs. Il ne cherche pas à battre le marché, il le copie : vous captez la performance moyenne, pas davantage.

Une action, c'est une part du capital d'une seule entreprise. Vous pouvez faire nettement mieux que le marché, vous pouvez aussi encaisser une perte importante, et le suivi demande du temps : résultats, concurrence, et gestion de ses propres émotions. Diversification immédiate contre contrôle total, performance moyenne contre potentiel supérieur : c'est tout le match.

Le chiffre qu'on sort à chaque débat, et pourquoi il est biaisé

Selon l'étude SPIVA Europe de fin 2024, 93 % des fonds actions gérés activement et libellés en euros ont sous-performé leur indice sur dix ans. Le chiffre est réel, mais il n'accuse pas le bon coupable, et trois raisons l'expliquent.

Les frais d'abord. Un fonds actif part avec un handicap de 1,5 à 2 % par an quand l'indice n'en a pas. Sur vingt ans, 2 % de frais annuels, c'est près d'un tiers du capital final qui s'évapore.

La diversification imposée ensuite. Un fonds doit répartir son capital sur des dizaines, voire des centaines de lignes, avec un plafond par position. Ses meilleures idées sont noyées dans la masse, alors que les travaux universitaires sur les « meilleures idées » des gérants montrent que leurs plus fortes convictions, elles, battent le marché.

Les faux gérants actifs enfin. Beaucoup facturent des frais de gestion active tout en collant à leur indice. Ils ne peuvent pas faire mieux que l'indice moins leurs frais, et ce sont eux qui tirent les statistiques vers le bas.

SPIVA ne dit donc pas que le stock picking est perdant. Il dit qu'un fonds cher et sur-diversifié fait moins bien qu'un indice. Un particulier n'a aucune de ces contraintes. Cela ne garantit rien pour autant : le stock picking se paie en travail, et parfois en pertes.

Ce qui me décide : l'avantage, pas la durée

On entend que le court terme appellerait les actions et le long terme les ETF. C'est l'inverse : plus l'horizon est court, plus le risque d'une action isolée devient ingérable, un mauvais trimestre suffit à faire décrocher le cours sans laisser le temps de se refaire.

Ce qui décide, c'est l'avantage réel dont vous disposez : une meilleure analyse, une information que le marché n'a pas encore intégrée, une conviction solide sur une entreprise que vous comprenez mieux que le consensus. Sans cet avantage, l'ETF suffit.

Le World n'est pas le filet qu'on décrit

Le MSCI World regroupe environ 1 500 sociétés dans 23 pays développés. Mais plus de 70 % du total est investi aux seuls États-Unis, et les 7 Magnifiques (Apple, Microsoft, Nvidia, Amazon, Alphabet, Meta, Tesla) pèsent à elles seules une part énorme de l'indice. Acheter un World, c'est donc un pari largement concentré sur la tech américaine. Excellent outil, à condition de savoir ce qu'on détient.

Ma méthode de sélection

Je pars des fondamentaux, pas des graphiques : solidité du bilan avec le score Piotroski, capacité à générer du cash avec le rapport entre free cash flow et valeur d'entreprise, et prix payé pour la croissance, dans une logique de croissance à prix raisonnable.

Ensuite je passe l'entreprise au crible de plusieurs IA. Une IA seule donne un avis, avec aplomb. Plusieurs IA confrontées font ressortir les angles morts et les désaccords, et c'est là que l'analyse commence. J'en tire une synthèse, un score de conviction et des niveaux d'achat précis.

Enveloppes et fiscalité

Sur un compte-titres ordinaire, les gains subissent la flat tax de 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), en échange d'une liberté totale sur les supports.

Sur un PEA, après 5 ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls restent les 18,6 % de prélèvements sociaux, mais l'enveloppe se limite aux actions européennes et aux ETF éligibles. Le MSCI World y reste accessible via des ETF en réplication synthétique, comme le WPEA d'iShares ou le CW8 d'Amundi.

L'assurance-vie sert surtout le long terme et la transmission, avec des ETF et des fonds en unités de compte. Le stock picking en direct n'y est en général pas possible, sauf sur certains contrats haut de gamme ou luxembourgeois.

Cœur-satellite, et les trois erreurs classiques

La méthode qui combine les deux porte un nom : un cœur d'ETF larges qui capte le marché, des satellites investis en convictions. La proportion n'a rien d'universel, elle dépend de votre temps, de votre tolérance au risque et de la force de vos convictions.

Trois erreurs reviennent régulièrement. Une part trop grosse en actions individuelles sur un socle d'ETF trop mince, ce qui fait reposer le portefeuille sur quelques paris. La double exposition, un ETF technologique plus des actions technologiques en direct, soit le même pari joué deux fois. Et le biais domestique, ce réflexe de sur-pondérer les entreprises de son propre pays, qu'un cœur d'ETF mondial corrige.

Ma répartition

Sur mon PEA, à peu près 50/50 entre ETF indiciels et actions européennes en direct. Sur mon compte-titres, l'inverse : environ 80 % d'actions en direct et 20 % d'ETF, avec tout ce que le PEA refuse, actions du monde entier, matières premières, métaux précieux, cryptos. Sur mes assurances-vie françaises, 100 % ETF, en tournant entre S&P 500, World, Chine, Inde et Europe.

À côté, je garde une poche de cash dont la taille varie selon les conditions de marché. Ce n'est pas de l'argent qui dort, c'est une réserve pour saisir les occasions.

Verdict

Il n'y a pas de gagnant absolu, il y a un outil par usage. L'ETF capte le marché sans effort. L'action en direct sert à jouer une conviction que l'on peut défendre. Choisir un camp n'a pas de sens. Ce qui fait la différence sur le long terme, ce n'est pas le point d'entrée, c'est la patience avec laquelle on tient sa ligne.

Pour aller plus loin

Le match complet, avec le tableau comparatif critère par critère et la fiscalité détaillée par enveloppe :

Mon comparatif gratuit de 7 IA mises en duel pour analyser une action, avec mes prompts exacts :

Cet article est une analyse personnelle à but informatif. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et la fiscalité mentionnée peut évoluer.

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