L'essentiel

  • Donald Trump annule l'attaque militaire prévue contre l'Iran et annonce de nouvelles négociations dès lundi, provoquant un effondrement du Brent sous 93$.
  • Le pétrole chute de 7% à son plus bas depuis 3 semaines tandis que les contrats à terme américains rebondissent fortement sur l'apaisement géopolitique.
  • L'OPEP+ confirme une hausse de quotas en septembre malgré la volatilité alors que les marchés misent sur un accord imminent pour la réouverture du détroit d'Ormuz.
  • Le yen bondit sur fond d'interventions coordonnées USA-Japon tandis que l'or progresse grâce à un dollar affaibli malgré les incertitudes de la Fed.

Sommaire

  1. 1. Volte-face de Trump : négociations avec l'Iran dès lundi
  2. 2. Wall Street et l'Asie rebondissent sur l'apaisement géopolitique
  3. 3. Interventions FX historiques : le yen bondit puis rechute
  4. 4. Bitcoin au-dessus de 64 000$ malgré la faille Coldcard
  5. 5. M&A : Prysmian rachète Atkore pour 3,8 milliards $
  6. 6. Semaine décisive : NFP et résultats tech au menu

Volte-face de Trump : négociations avec l'Iran dès lundi

Dans un retournement spectaculaire, Donald Trump a annoncé dimanche soir l'annulation de la frappe militaire planifiée contre l'Iran, préférant privilégier la voie diplomatique. Le président américain a confirmé que des négociations débuteraient dès lundi, sans fixer de délai précis mais qualifiant un accord sur le détroit d'Ormuz d'"imminent". Cette décision intervient après que le prince héritier saoudien aurait exprimé de sérieuses réserves sur l'escalade militaire, selon Axios.

La réaction des marchés énergétiques a été immédiate et brutale. Le Brent s'effondre de 7,2% pour s'établir sous les 93$ le baril, soit son plus bas niveau depuis trois semaines, après avoir franchi la barre symbolique des 100$ vendredi dernier. Le WTI suit une trajectoire similaire, chutant de 6,8% pour revenir autour de 88$. Ce mouvement efface plus de la moitié des gains accumulés depuis le début de la crise dans le détroit d'Ormuz, les traders anticipant une désescalade rapide. #petrole #geopolitique #Iran

L'OPEP+ confirme sa stratégie malgré la volatilité

Malgré ce contexte d'extrême volatilité, l'OPEP+ a confirmé dimanche son accord pour augmenter les quotas de production en septembre. Cette décision, prise lors d'une réunion extraordinaire, vise à rassurer les marchés sur la capacité du cartel à compenser d'éventuelles perturbations d'approvisionnement. Les membres ont toutefois souligné que la hausse reste conditionnée à l'évolution de la situation géopolitique et que les quotas pourraient être ajustés rapidement en cas de nouveau choc. Le timing de cette annonce, juste avant le revirement américain, suggère une coordination étroite entre Riyad et Washington. #OPEP #matieres_premieres

Wall Street et l'Asie rebondissent sur l'apaisement géopolitique

Les contrats à terme américains affichent des gains substantiels en pré-ouverture, le $SPX gagnant 1,8% tandis que le Nasdaq 100 bondit de 2,4%. Ce rebond marque un retour de l'appétit pour le risque après une semaine catastrophique pour les valeurs technologiques, qui avaient perdu plus de 797 milliards $ de capitalisation. Les investisseurs semblent soulager que la prime de risque géopolitique se dissipe rapidement, permettant un recentrage sur les fondamentaux et les résultats d'entreprises.

Les marchés asiatiques avaient ouvert cette séance dans le rouge avant l'annonce de Trump. Le KOSPI sud-coréen avait chuté de 4% en début de séance, poursuivant sa série noire après son pire mois depuis 2008, avant de limiter ses pertes à -2,1% en fin de journée. Les investisseurs particuliers coréens, écrasés par les pertes récentes, expriment leur colère envers les autorités et beaucoup jurent de ne plus investir en bourse. Morgan Stanley voit pourtant un potentiel de rebond de 36% sur les actions coréennes après cette "capitulation" massive. #marches #Asie

Rotation sectorielle majeure en vue

L'énergie, qui avait capté des flux massifs la semaine dernière face à la montée des tensions, devrait logiquement subir des prises de bénéfices. Les majors pétrolières avaient engrangé des gains considérables grâce au chaos sur les marchés énergétiques, mais la perspective d'un accord USA-Iran remet en question cette thématique. À l'inverse, les secteurs cycliques et technologiques pourraient bénéficier d'un retour des capitaux, d'autant que les valorisations ont été sévèrement comprimées ces derniers jours. Cette rotation interviendra dans un contexte délicat, avec la Fed qui maintient une posture restrictive malgré les dissensions internes. #rotation #tech

Interventions FX historiques : le yen bondit puis rechute

Parallèlement au dossier iranien, les marchés de devises ont connu des mouvements spectaculaires. Le yen japonais a brutalement bondi de plus de 2% contre dollar dans la nuit de dimanche, passant de 155 à 151,8 en quelques heures, avant de revenir autour de 153,5. Ce mouvement fait suite à la confirmation par les autorités japonaises et américaines d'interventions conjointes sur le marché des changes, une première depuis 1998 pour le Trésor américain.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a confirmé que les États-Unis avaient acheté entre 5 et 10 milliards $ de yens japonais, tout en avertissant que d'autres actions restaient possibles. Cette intervention coordonnée, qui inclut également la Corée du Sud, marque un tournant historique dans la gestion des crises de change. Comme nous l'avions analysé, cette coopération trilatérale répond aux déséquilibres mondiaux amplifiés par les tensions géopolitiques. #forex #yen #interventions

La Fed dans la tourmente obligataire

L'or grimpe de 1,4% pour atteindre 2 448$ l'once, profitant d'un dollar affaibli malgré les préoccupations concernant la politique de la Réserve fédérale. Les rendements obligataires américains atteignent des plus hauts pluriannuels, le 10 ans américain flirtant avec 4,85%, reflétant les craintes d'inflation et les dissensions au sein du FOMC. La détente sur le pétrole pourrait paradoxalement offrir une bouffée d'oxygène à la Fed en atténuant les pressions inflationnistes, même si Kevin Warsh reste confronté à un dilemme entre croissance et inflation. Le $DXY recule de 0,6% à 104,2, pénalisé par l'intervention sur le yen et les espoirs de désescalade. #Fed #or #obligations

Bitcoin au-dessus de 64 000$ malgré la faille Coldcard

Le $BTC rebondit de 2,3% pour repasser au-dessus de 64 000$, porté par l'apaisement géopolitique et le retour de l'appétit pour le risque. Cette hausse intervient paradoxalement alors que la faille de sécurité Coldcard continue de s'aggraver, avec désormais 4 500 adresses compromises et des pertes approchant 89 millions $, selon Galaxy Research. Un quatrième vague d'attaques aurait ciblé 448 BTC supplémentaires dans la nuit, Alex Thorn avertissant que certaines transactions non confirmées offrent encore une fenêtre étroite pour sauver des fonds.

Contrairement à l'effondrement post-FTX, cette vulnérabilité matérielle pousse les petits détenteurs à rapatrier leurs bitcoins sur les plateformes d'échange pour plus de sécurité, selon les données onchain de CryptoQuant. Environ 39 600 BTC en transactions inférieures à 1 BTC ont été déplacés, le plus gros mouvement de cette catégorie depuis novembre 2022. Cette migration vers les exchanges, traditionnellement vue comme un signal baissier, reflète ici une perte de confiance dans les solutions de stockage à froid, un changement de paradigme préoccupant pour l'industrie. #crypto #Bitcoin #securite

Trump Media liquide encore ses avoirs BTC

Trump Media a transféré 2 628 BTC supplémentaires vers Crypto.com, portant ses ventes présumées sur sept mois à 7 281 BTC et réduisant ses réserves à seulement 4 261 BTC. Des analystes suggèrent que ces avoirs résiduels correspondraient au collatéral initial promis pour des obligations, faisant du prochain rapport 10-Q un test décisif pour déterminer s'il s'agit de simples transferts de garde ou de ventes pures. Par ailleurs, Strategy de Michael Saylor maintient son dividende préférentiel STRC à 12%, alors que le titre continue de s'échanger sous sa valeur nominale de 100$, une décision qui contraste avec les hausses historiques de dividende dans des situations similaires. #crypto #STRC

M&A : Prysmian rachète Atkore pour 3,8 milliards $

Le câblier italien Prysmian annonce l'acquisition du groupe américain Atkore pour 3,8 milliards $, marquant l'une des plus importantes transactions du secteur cette année. Cette opération vise à renforcer la position de Prysmian sur le marché nord-américain des infrastructures électriques, en pleine expansion grâce aux investissements massifs dans les réseaux et la transition énergétique. L'opération devrait être finalisée au premier trimestre 2027, sous réserve des approbations réglementaires.

Ailleurs, Ageas cède sa participation dans sa joint-venture malaisienne à Maybank pour 1,2 milliard $, poursuivant son recentrage stratégique sur l'Europe. Le constructeur chinois Chery investit 75 millions $ dans KG Mobility en Corée du Sud, visant les marchés d'exportation dans un contexte de tensions commerciales croissantes. Holcim vend sa filiale philippine au chinois Huaxin pour 807 millions $ tandis que Sandoz règle pour 450 millions $ un litige antitrust avec 43 États américains. Ces opérations illustrent une dynamique M&A soutenue malgré l'incertitude macroéconomique, les groupes profitant des valorisations comprimées pour se repositionner. #fusions #M&A

Résultats contrastés en Europe

Stabilus voit son bénéfice trimestriel bondir grâce à des cessions d'actifs, tout en resserrant ses prévisions annuelles. PostNL bat les attentes sur le free cash flow au premier semestre mais maintient ses objectifs 2026 malgré la faiblesse des volumes. Jyske Bank rachète pour 58 millions DKK d'actions propres lors de la semaine 31, tandis que Sampo en rachète 1,73 million. Ces programmes de rachat témoignent d'une confiance des directions dans leurs valorisations actuelles, même si la prudence domine concernant les perspectives à court terme dans un environnement de taux élevés et de croissance ralentie. #resultats #Europe

Semaine décisive : NFP et résultats tech au menu

Les investisseurs se préparent à une semaine chargée avec la publication vendredi du rapport sur l'emploi américain de juillet (NFP), scruté de près après les signaux contradictoires envoyés par la Fed. Les économistes anticipent une création de 185 000 emplois contre 206 000 en juin, avec un taux de chômage stable à 4,1%. Ces chiffres seront déterminants pour calibrer les attentes concernant la trajectoire des taux, d'autant que JPMorgan a récemment avancé sa prévision de hausse à décembre 2026.

Sur le front des résultats, une salve de publications majeures attend les marchés. Apple, qui a plongé de 10% depuis son record, publiera mercredi dans un contexte de forte volatilité sur les valeurs technologiques. Palantir et Nvidia suivront jeudi, avec des attentes élevées sur les perspectives d'IA après le carnage récent qui a vu les semi-conducteurs entrer en marché baissier avec -20% depuis leurs sommets. Tesla, qui a déçu la semaine dernière avec une croissance de revenus de 16% manquant les estimations, continuera de peser sur le sentiment. #earnings #tech #NFP

L'annulation de la frappe américaine contre l'Iran redistribue complètement les cartes sur les marchés pour cette semaine d'août. Si un accord sur le détroit d'Ormuz se concrétise rapidement, le pétrole pourrait poursuivre sa correction vers 85-88$ sur le Brent, soulageant les pressions inflationnistes et offrant une marge de manœuvre bienvenue aux banques centrales. À l'inverse, un échec des négociations annoncées pour lundi ramènerait brutalement la prime de risque et pourrait propulser les cours au-dessus de 105$.

Les interventions coordonnées sur le yen, la publication du NFP vendredi et la cascade de résultats technologiques définiront la direction des marchés dans les jours qui viennent. La fenêtre de tir est étroite pour les haussiers : il faudra des données macroéconomiques rassurantes, une poursuite de la détente géopolitique et des guidances solides de la part des géants tech pour inverser durablement le sentiment. Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour confirmer ou infirmer ce fragile rebond de l'appétit pour le risque.